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Aaron Flint Jamison

(États-Unis), né en 1979, vit et travaille à Portland

La lecture de Veneer, la revue dirigée par Flint Jamison dont il a publié dix numéros en sept ans, éclaire son travail d’une pâle lueur. Veneer est un objet éditorial dont la particularité est d’apparaître de plus en plus obscur à mesure que l’on s’en rapproche. Si sa forme est conventionnelle, les détails incongrus y fourmillent : pétales de fleurs glissées entre les pages, pièce magnétique adhésivée sur un dos de couverture, papier étrangement collé par un trop-plein d’encre mal séché, tout converge à mêler le geste singulier et la mécanique industrielle. Les textes eux-mêmes se révèlent abscons : empruntés à divers champs spécialisés des sciences et techniques, ils énoncent avant tout l’opacité de leur langage, l’idiosyncrasie de leur domaine de recherche. Objet à la fois dense et hermétique, Veneer est à l’image de l’œuvre de Flint Jamison qui se compose de sculpture, vidéo et performance : un piège pour la compréhension, un vertige technologique où la mécanique constitue un monde clos et en constant mouvement, un univers autarcique séparé de l’humain.

Aaron Flint Jamison a fait l’objet d’expositions à la Biennale d’art contemporain de Liverpool, à Artists Space (New York), à Cubitt (Londres), ainsi qu’au Centre d’édition contemporaine (Genève)