Yves Laloy

1920, Rennes – 1999, Cancale


Né à Rennes où il est architecte de formation, Yves Laloy est contraint de quitter la ville en 1955 en raison des lettres d’injures qu’il envoie au préfet. Il délaisse alors carrière et famille pour parcourir l’Afrique du Nord à vélo et notamment l’Égypte, où il sera emprisonné, pris pour un espion. Poursuivant une quête artistique et mystique, il s’embarque en 1961 dans un périple pour les glaces de Terre-Neuve où il expérimente les difficiles conditions de vie des marins.
« Rester à terre : jamais ! Mieux vaut avoir la tête en l’air et passer pour un artiste. » À l’image de sa trajectoire aventureuse, ses œuvres, inclassables, s’ancrent à différents rivages. Pendant près de quarante ans, il va s’adonner autant à la représentation de compositions figuratives peuplées d’étranges créatures et animées par des jeux phonétiques qu’à la peinture de tableaux géométriques d’une grande complexité. Qualifié d’artiste surréaliste par André Breton qui admirait beaucoup son œuvre, Y. Laloy se défendra de toute appartenance au mouvement. Il entretient pour autant une proximité avec les surréalistes notamment par les jeux sur le langage et l’association d’images pour lesquelles il est le plus connu.
Au Musée des beaux-arts et au Frac Bretagne, on retrouve à ce titre deux tableaux facétieux qui jouent de l’homophonie. D’un côté, deux visages ronds comme des pois ont pour yeux de petits poissons. Sur ce tableau, choisi par A. Breton pour illustrer la couverture du Surréalisme et la Peinture, on observera soit « de petits poissons rouges » soit que « les petits pois sont verts » (1959).
Au Frac Bretagne, Tel est faune et moi dès queue possible (1959-1960) qui procède du même jeu phonétique voit cette créature mythique à la queue en forme de combiné formuler une injonction quotidienne. On constate pourtant un peu plus loin dans une composition Sans Titre (1952) qu’Y. Laloy peint quelques années auparavant dans un tout autre langage formel, celui de l’abstraction. Tout en diagonales et en angles obtus, cet assemblage de formes colorées avait été comparé par A. Breton aux tableaux de sable réalisés par les Navajos, bien que Y. Laloy n’ait jamais voyagé jusqu’à leurs terres ni revendiqué cette référence.

Les petits pois sont verts… les petits pois sont rouges, 1959

Musée des beaux-arts de Rennes

Huile sur toile

Musée des beaux-arts de Rennes


Sans Titre, vers 1952

Frac Bretagne

Huile sur toile

Collection privée


Tel est faune et moi dès queue possible, 1959-1960

Frac Bretagne

Huile sur toile

Musée des beaux-arts de Rennes