Sonia Boyce

1962, Royaume-Uni ; vit et travaille à Londres


Nouvelle production dans le cadre d’À Cris Ouverts

Avec / with Chloé Barthod, Paul Bienvault, Morgane Blanc, Sophie Cohen, Lucas Froeliger, Jean-Baptiste Moreno, Pauline Rouet, Lisa Valencia

Associée aux Black Women Artists, groupe féministe d’artistes afro-caribéennes vivant en Angleterre, Sonia Boyce développe dans les années 1980 une pratique centrée principalement sur le dessin et l’autoportrait. Vastes papier-peints, collages de visages et de textes, ses travaux abordent des problématiques liées à la colonisation et à la représentation du corps féminin noir. Au tournant des années 1990, faisant appel à une plus grande variété de médias tels que la photographie et la vidéo, elle va s’attacher à des questions d’improvisation et de performance. Elle ouvre ainsi sa pratique à des projets collaboratifs au sein desquels le lieu même de la formation artistique tient une place déterminante. Professeure en école d’art depuis 1986, S. Boyce a un intérêt particulier pour la pédagogie et investit le processus ouvert du workshop pour créer des oeuvres, à l’instar du projet mené à la Villa Arson en 2016. À l’invitation des Ateliers de Rennes-biennale d’art contemporain, l’artiste développe un nouveau projet avec les étudiant·e·s de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne. Lors d’une première visite dans les ateliers, S. Boyce est marquée par une forme de « sensibilité gothique » qui se manifeste au sein de leurs travaux. Et le gothique dit-elle, peut « prendre la forme d’aventures étranges et mystérieuses qui se déroulent dans des lieux inattendus ». S’appuyant sur les réflexions qu’il·elle·s développent dans le contexte de leur formation, l’artiste propose aux étudiant·e·s de choisir au sein des collections du Musée des beaux-arts, une œuvre qui résonne en elles·eux et d’improviser en son regard le soir de la Nuit des Musées. Ainsi Lucas Froeliger joue une boucle mélodique devant La Fosse de Gilles Aillaud, tandis que Pauline Rouet et Chloé Barthod entament une lecture médiumnique de plusieurs toiles du 17e siècle… Tout au long de la soirée S. Boyce les observe, les filme. Montés en une boucle de 10 minutes et présentés simultanément sur cinq écrans, les extraits qui composent Punk (2018) font éclater la temporalité de la soirée et en perturbent toute forme de restitution linéaire, où les performances se répondent en même temps qu’elles dissonent. Cette mise en forme de l’expérience s’articule avec celle des étudiant·e·s, qui présentent dans l’espace d’accueil de la Halle de la Courrouze les multiples qu’ils ont réalisés à l’issue de la soirée.

Punk, 2018

Musée des beaux-arts de Rennes

Les multiples réalisés par les étudiant·e·s dans le cadre de leur collaboration avec Sonia Boyce sont présentés dans l’espace d’accueil de la Halle de la Courrouze

Installation vidéo (17 min)

Courtesy de l’artiste.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects et en partenariat avec l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne – site de Rennes.