Kudzanai-Violet Hwami

1993, Zimbabwe ; vit et travaille à Londres


Au centre des peintures de Kudzanai-Violet Hwami se trouve le corps ; le corps nu, travesti, fier, à la croisée d’identités noires et queer. Née au Zimbabwe mais vivant à Londres, la jeune artiste porte un regard sur son pays d’origine où se mêle références au passé et vision optimiste du futur. Elle utilise ainsi des photos de famille des années 1970 qu’elle travaille sous la forme de collages digitaux peints ensuite sur toile.
Au sein de ses portraits de famille, la figure tutélaire de la mère tient une place centrale comme en témoignent Lotus (2018) et Hosanna ! Hosanna ! (2018). Ses frères et soeurs, jumeaux, apparaissent également dans Epilogue [Returning to the Garden] (2016). Allongés sur leur flanc, les deux enfants en position fœtale se font face sur un fond coloré. Une grande douceur émane de cette scène, où les corps semblent suspendus et protégés dans un espace intra-utérin, dans une communication encore haptique, leur peau partiellement recouverte de vernix. Le titre, qui suggère un retour au temps de l’innocence tout en pointant un aboutissement (l’épilogue), formule un espoir pour la future génération qu’incarnent les jumeaux. En faisant intervenir d’autres images trouvées sur Internet comme ce petit garçon qui se sert de sa couette comme d’une cape (Untitled, 2018), K.-V. Hwami continue d’investir un univers où l’enfance règne.
De manière plus irrévérencieuse, The Egg (2016) montre la capacité transformative des corps dans une célébration Afro-punk de la culture LGBTQI (lesbiennes, gays, bisexuel·les, transgenres, queers et intersexué·e·s). L’artiste s’y est représentée en faune, barbue et coiffée de petites cornes, défiant les assignations d’identité et de genre. La toile Eve on psylocybin (2018) voit quant à elle le corps nu alangui d’une femme immergée dans un rêve psychédélique d’agrumes provoqué par le psilocybine, une drogue hallucinogène. Aux origines bibliques du monde, serait donc une Eve, noire, dans un jardin d’Eden délirant.

Epilogue [Returning to the Garden], 2016

Frac Bretagne

Huile et acrylique sur toile

Courtesy Emma Menell.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.


Eve on psilocybin, 2018

Halle de la Courrouze

Huile sur toile

Courtesy de l’artiste et Tyburn Gallery, London.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.


Hosanna! Hosanna!, 2018

Halle de la Courrouze

Huile et acrylique sur toile

Courtesy de l’artiste et Tyburn Gallery, London.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.


Lotus, 2018

Halle de la Courrouze

Huile et acrylique sur toile

Courtesy de l’artiste et Tyburn Gallery, London.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.


The Egg, 2016

Halle de la Courrouze

Huile et acrylique sur toile

Courtesy Alessia Antinori & Giorgio Gallenzi.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.


Untitled, 2018

Halle de la Courrouze

Huile, acrylique et pastel gras sur toile

Courtesy de l’artiste et Tyburn Gallery, London.
Avec le soutien de Fluxus Art Projects.