Kenzi Shiokava

1938, Brésil ; vit et travaille à Los Angeles


Né au Brésil de parents issus de la diaspora japonaise, Kenzi Shiokava décide de s’installer à Los Angeles en 1964 après y avoir rendu visite à sa soeur. Alors qu’il se destinait à être médecin, il découvre le climat de revendications sociales et de luttes en faveur des droits civiques et se reconnaît dans une jeunesse multiculturelle prenant en main son futur. C’est au contact de la communauté artistique du quartier afro-américain de Watts, dans le contexte explosif de la rébellion de 1965, qu’il décide d’étudier à Chouinard Art Institute, puis à Otis Art Institute. Aux côtés d’artistes comme Noah Purifoy, John Outterbridge et Betye Saar, il adopte une pratique basée sur l’utilisation d’objets trouvés et de rebuts, naturels ou issus de la société de consommation. À Watts, l’assemblage de débris de la rébellion qui subsistent dans un paysage urbain dévasté prend une signification particulière. Il engage les artistes dans l’idée d’une reconstruction, indissociable de cette étape de destruction où les matériaux ne sont plus des débris mais l’essence du climat politique de l’époque : une expérience collective à cicatriser. Pendant cinq décennies, alors qu’il gagne sa vie comme jardinier, la pratique de K. Shiokava va s’articuler autour de deux processus sculpturaux : d’un côté la puissance réparatrice de l’assemblage, et de l’autre, la technique ancestrale de la sculpture sur bois. À la Halle de la Courrouze une série de boîtes réalisées dans les années 1990–2000 donne vie à des figurines en plastique, Mickey Mouse et autres poupées, comme arrangées dans des dioramas aux côtés de figures votives fragmentées et d’éléments minéraux et végétaux.
Les formes en bois aux allures anthropomorphes et totémiques présentées au Musée des beaux-arts se composent quant à elles de traverses de chemin de fer et autres poteaux téléphoniques, mais également du bois et de plantes que l’artiste récupère dans son jardin au moment où elles commencent à mourir, alors qu’elles possèdent selon lui le plus de potentiel et de force de transition. S’ensuit une longue interaction avec le matériau, visant à révéler son essence spirituelle et sa présence inhérente, faisant émerger des formes conditionnées par son énergie et sa structure.
Tantôt en bois, tantôt en macramé, tantôt totems, tantôt shamans, ces figures silencieuses s’imposent comme des présences célébrant la vie, la mort, mais aussi l’hybridité culturelle, la spiritualité et la renaissance. Elles se relient aux cycles qui conditionnent l’humain comme ils le dépassent.

Angel Kachina, vers 2003

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois de coffrage, métal peint

Courtesy de l’artiste


Corporate Spirit 2, vers 1998

Musée des beaux-arts de Rennes

Pin, métal, câbles

Courtesy de l’artiste


L.A. Kachina, vers 2003

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois de coffrage, peinture

Courtesy de l’artiste


Marga-Yuriko (Warrior Poet), vers 1991

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois, macramé, perles en coquillage, métal

Collezione Elena e Filippo Ruffato, Milan


Primal Totem, vers 2000

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois

Collezione Elena e Filippo Ruffato, Milan


The Poet, vers 1990

Musée des beaux-arts de Rennes

Perles en bambou, coquillages, bois recyclé, perles en plastique, anneaux métalliques, perles en pin

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Tiroir en bois, tête de poupée, figurine en plastique

Collection Gavin & MacKenzie Stevens


Untitled, vers 1993

Halle de la Courrouze

Pin, concrétions, feuille d’aluminium

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1997

Halle de la Courrouze

Tête de poupée, photographies, pin (extrait d’une porte)

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1997

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, agave séchée

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1998

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, figurine, plastique

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1998

Halle de la Courrouze

Plastique, figurines

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1998

Halle de la Courrouze

Boîte à goûter, métal, pierre, oreiller

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1998

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, figurines, tête de poupée

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1999

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, cactus séché, oeuf en plastique

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 1999

Musée des beaux-arts de Rennes

Grillage, feuilles d’arbre du dragon, pot de fleurs

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, bois pétrifié

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Musée des beaux-arts de Rennes

Coquillages, fibres végétales, bois, fil de nylon, noix de coco, ficelle

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Boîte en métal, pierre, figurine

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Boîte en bois, tête en céramique

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Boîte en bois, fleur de cactus séchée

Courtesy de l’artiste


Untitled, date inconnue

Halle de la Courrouze

Métal recyclé, pierres, photographie trouvée

Courtesy de l’artiste


Untitled, date inconnue

Musée des beaux-arts de Rennes

Agave, poteau

Courtesy de l’artiste


Untitled (Primal Totem Series), vers 1986

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois récupéré (poteau téléphonique)

Courtesy de l’artiste


Untitled (Primal Totem Series), vers 1995

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois récupéré (poteau)

Courtesy de l’artiste


Untitled (Shaman series), date inconnue

Musée des beaux-arts de Rennes

Verre, coquillage, igname, pin

Courtesy de l’artiste


Untitled, vers 2000

Halle de la Courrouze

Tiroir en bois, tête de poupée, figurine en plastique

Courtesy de l’artiste


Urban Totem, vers 1990

Musée des beaux-arts de Rennes

Bois de chêne

Courtesy de l’artiste